L'histoire en images

1668

Pierre-Esprit Radisson explore un territoire à peine sorti des glaces.

1944

Début de la nationalisation de l’électricité, création d’Hydro-Québec.

Années 60

Lancement des travaux du complexe de Manic-Outardes. Le «Maîtres chez nous!» de la révolution tranquille prend la forme d’un grand chantier hydroélectrique. De jeunes ingénieurs du Québec emmagasinent de l’expérience.

Années 60

Percée technologique majeure en transport d’énergie avec la création de la ligne 735 000 volts par Archambault, un ingénieur québécois.

Années 60

Collaboration d’Hydro-Québec au projet des chutes de Churchill et signature d’une entente d’approvisionnement. Les besoins énergétiques croissants des Québécois sont assurés pour quelques années.

Années 60

Exploration du potentiel hydroélectrique de la Baie-James, particulièrement sur les grandes rivières du sud : Nottaway, Broadback et Rupert (NBR), et de façon secondaire sur les rivières Eastmain, La Grande et Grande-Baleine.

1968

L’ingénieur-conseil François Rousseau croit que l’avenir énergétique du Québec repose à la Baie-James et que les assises rocheuses de la rivière La Grande sont préférables au contexte argileux du complexe envisagé de NBR. Il investit de ses propres ressources pour définir un projet d’aménagement sur la rivière La Grande

Avril 1970

Élection de Robert Bourassa sur la promesse de création de 100 000 emplois. Au lendemain des élections, il demande à son chef de cabinet, Paul Desrochers, de trouver un projet motivant pouvant remplir cette promesse électorale.

Avril 1971

Les travaux d’exploration à la Baie-James connaissent une recrudescence. À n’en point douter, quelque chose s’annonce.

Avril 1971

Des dizaines d’hélicoptères et d’hydravions sont réquisitionnés, plus de 250 hommes recueillent des données sur l’eau, les sols et font de l’arpentage dans des conditions de pionniers.

Avril 1971

«L’avenir commence aujourd’hui» Au premier anniversaire de son investiture, Robert Bourassa annonce que le projet du siècle sera le développement du potentiel hydroélectrique de la Baie-James.

Avril 1971

L’opposition péquiste se braque, notamment à travers la voix de Jacques Parizeau. On croit que la modernité du Québec rime plutôt avec le nucléaire. On s’inquiète également des idées de grandeur et de l’empressement du premier ministre. On craint les coûts d’un tel projet.

Avril 1971

Les autochtones considèrent que leurs droits territoriaux sont violés et annoncent qu’ils iront devant les tribunaux pour faire arrêter les travaux.

1972

Après analyse des études, le gouvernement décide de commencer l’aménagement de la Baie-James par la réalisation d’un complexe hydroélectrique sur la rivière La Grande.

1972

On commence par les installations de la centrale de LG-2, puis LG-3 et LG-4. Une partie des eaux de la rivière Caniapiscau seront détournées. On détournera également trois rivières au sud. Le complexe comprendra 5 réservoirs.

1972

On prévoit 2100 km de routes et 6 aérogares. Les premiers kilowattheures de cette phase 1 sont attendus pour 1980. Le déficit d’énergie au Québec est quant à lui attendu en 1982.

1972

Le projet de loi no 51, défendu personnellement par Robert Bourassa, propose un nouveau modèle de développement du territoire. Il suscite également une grande controverse. En juillet, la Société de développement de la Baie-James est créée. Sa première filiale sera la Société d’énergie de la Baie-James (SEBJ). Contrôlée par Hydro-Québec, elle n’aura pas le mandat de construire les installations, mais bien de superviser les travaux confiés à des firmes d’ingénierie québécoises et à des entreprises québécoises en priorité.

1972

Les dirigeants d’Hydro-Québec ont demandé l’expertise de la firme américaine Bechtel pour bénéficier de leur savoir-faire en contrôle des échéanciers et des coûts, de même que pour faciliter le financement du projet sur les marchés mondiaux. Les médias véhiculent l’inquiétude des québécois face au contrôle du projet par les Américains. Or, grâce aux négociations de Robert A. Boyd, président de la SEBJ, la firme Bechtel sera impliquée, pour la première fois, dans un projet sans en avoir le contrôle et dont les travaux se feront en français.

1972

Le froid devient un allié. Les travaux de construction de la route d’hiver entre Matagami et LG-2 incluent 11 ponts de glace. Cette route permettra d’acheminer les équipements et les bâtiments nécessaires à la construction des campements et des premiers travaux en attendant que soit terminée la route permanente.

1973

À 35 ans seulement, grâce à son expertise en gérance, son charisme et son désir d'action, l'ingénieur Laurent Hamel est recruté comme chef de chantier de LG-2, la première centrale du complexe. Avec une poignée d’hommes, il s’intègre tant bien que mal dans les tentes des équipes d’exploration d’Hydro-Québec. Bien que relevant sensiblement des mêmes dirigeants, le rôle de la nouvelle filiale est encore mal perçu.

1973

Un dégel hâtif de la route d’hiver occasionne des difficultés pour l’acheminement des équipements et des bâtiments nécessaires à la mise en place du campement de LG-2, la première centrale à être construite.

1973

L'été excessivement chaud et sec est marqué par de nombreux feux de forêt. Dans la première semaine d'août, le campement provisoire est encerclé par trois feux qui obligent la démobilisation de la majorité des travailleurs.

1973

En novembre, le juge Malouf donne raison aux autochtones et ordonne l’arrêt des travaux. Une injonction suit une semaine plus tard permettant de reprendre les travaux pendant que le gouvernement du Québec, la SEBJ et les communautés autochtones négocient.

1973

On termine l’année 1973 avec un retard sur l’échéancier.

1974

Les hommes s’installent lentement dans le campement permanent.

1974

En mars, une bataille intersyndicale conduit au saccage de la Baie-James. Une poignée d’hommes réussissent à sauver des flammes et du gel une partie des installations. On ferme le chantier pendant 51 jours. La dérivation de la rivière est reportée.

1974

Les premières familles de cadres s’installent à Radisson à la fin de l’année. Tout est encore en construction : l’épicerie, l’école, le centre de loisirs, les maisons, l’hôpital. Un peu en retrait du campement des travailleurs, l’accueil des familles pour les cadres requis à l’année permet un meilleur recrutement. Le village accueillera jusqu’à 3000 personnes, dont 400 enfants.

1975

On procède à la dérivation de la rivière. Deux canaux de dérivation ont été creusés dans le roc. Deux batardeaux obligent la rivière La Grande à s’y engouffrer, laissant le terrain à sec pour construire le barrage et la centrale.

1975

Sur le site du barrage, on découvre une marmite géante qu’il faut remplir de béton avec des installations sommaires en production de béton.

1975

Les femmes arrivent au chantier. Des matrones sont assignées aux résidences des femmes, car les hommes y sont interdits sous peine d’expulsion.

1975

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois est signée en novembre 1975.

1976-1978

Enfin une bonne année! La moitié du barrage est construit. L'avancement des digues suit le même rythme.

1976-1978

La ligne d’oxygène du chantier est ouverte. L’asphaltage de la route de la Baie-James est terminé. Le bitume est acheminé par train depuis Montréal.

1976-1978

5000 km de lignes de transport d’énergie doivent être construites en pleine forêt. La majorité du travail se fait l’hiver pour faciliter le transport et l’installation des pylônes dans les tourbières.

1976-1978

Le campement de LG-2 compte 6000 hommes. Quelque 36 000 œufs sont cassés tous les matins à la cafétéria.

1976-1978

Le chantier est doté d’un Économat, d’un point de service bancaire, d’un bureau de poste, de la télévision et de la radio de Radio-Canada.

1976-1978

Les loisirs sont très organisés. Sur le chantier, on compte entre autres un aréna, une taverne pouvant accueillir 1000 hommes, le club Fémina pour les femmes.

1976-1978

Les travailleurs profitent également des installations au village de Radisson dont la piscine et la piste de ski alpin.

1976-1978

Des événements majeurs sont organisés à toutes les saisons dont le Carnaval de l’ours blanc. Les grands noms du showbiz québécois viennent à la Baie-James remonter le moral des travailleurs.

1976-1978

Les retards sont rattrapés. On planifie donc une mise en service en avance sur l’échéancier, un clin-d’œil à la centrale nucléaire de Gentilly dont la mise en service est retardée.

1979

Les premiers essais sont des moments tendus, du président de la SEBJ, Robert A. Boyd, jusqu’au moindre travailleur.

1979

À l’automne, le premier-ministre péquiste, René Lévesque, procède à l’inauguration officielle de la centrale LG-2, la plus grande centrale souterraine au monde, dans l’esprit d’une grande fête pour les travailleurs. Radio-Canada diffuse en direct ce moment important dans un grand spectacle son et lumière.

1979

René Lévesque tient à ce que Robert Bourassa soit présent. Celui-ci est accueilli avec beaucoup d’émotion par les travailleurs lorsqu’il fait son entrée à la cafétéria.

1982

Mise en service de LG-3.

1985

Mise en service de LG-4.